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Istanbul

Le passage de la frontière turque à Ipsala se fait sans problème et déjà on se sent dépaysé !

La bonne idée a été d‘arriver dans Istambul un dimanche matin vers 7h pour pouvoir traverser la ville très facilement, prendre LA photo de la Cabane En Cavale devant la Mosquée Bleue et aller trouver une place de parking dans le beau quartier de Sultanahmet. 3 jours, 3 nuits pour déambuler à pied et en tram dans la ville, découvrir le Bosphore à bord d’un petit bateau et visiter les incontournables; premières sensations d’Orient, premiers mots turcs, premiers kebabs, premiers contacts très chaleureux et très accueillants avec les turcs. Ville étonnante, découvertes inattendues, mélange d’authenticité, d’orient et d’occident, de modernité...on est séduits, Anouk est heureuse.


Le Harem du palais de Topkapi


Le grand Bazar


Le détroit du Bosphore reliant la mer de Marmara à la Mer Noire





Sainte Sophie, faisant face à la mosquée bleue, impressionnante par ses volumes intérieurs






La Citerne Basilique, ancien réservoir d'eau du palais de Topkapi



La Mosquée Bleue, visitée de nuit, est le plus bel édifice que nous n'ayons jamais vu !







Ephese et Selçuk


Nous quittons Istambul par bateau pour traverser la mer de Marmara vers Bandirma par un temps de novembre avec pluie, vent, mer agitée! Nous descendons directement vers le sud ouest, cote Egéenne du pays pour une étape sur la plage de Pamucak et la visite d’Efes, site antique le mieux conservé de toute l’Europe. Pourtant, après 150 ans de fouilles, ce ne sont que 20% de la cité qui ont été mis à jour. On peut déambuler dans des «ruelles» sur un axe principal dont la chaussée est tout en marbre, entrer dans ce qui reste des habitations, des temples, ou des latrines publiques (très bien conservées et lieu de socialisation...et oui!).







A Selçuk, petite ville voisine ou nous pensions ne faire qu’un ravitaillement, nous faisons la connaissance d’une petite famille escargot française, en route comme nous vers l’Asie et en attente de leur colis de CNED. Le temps d’échanger nos impressions, de partager un bon repas, de laisser nos enfants jouer ensemble (comme si ils s’étaient toujours connus), de se donner quelques tuyaux et de profiter du grand marché du samedi, nous resterons finalement presque 4 jours ensemble sur place. 


Premier diner avec la famille Ludon

Les 2 camions garés dans une ruelle devant une pension pour voyageurs, nous rencontrons aussi Günnur, propriétaire avec son mari et qui nous offre la possibilité d’un accès internet. Turque mais vivant une partie de l’année en France, elle parle notre langue sans accent, son mari turque parle aussi très bien l’anglais et leur petit garçon de 3 ans est en voie de devenir trilingue.  Merci encore pour l’accueil!
Une période de vent et froid inhabituelle pour un mois d’octobre s’est installée depuis quelques jours sur le nord de la Turquie.

La côte sud ouest (d'Izmir à Antalya)

Sur la route du sud nous retrouvons peu à peu la douceur mais aussi un autre visage de la Turquie: celui des stations balnéaires, des marinas, des yachts et restaurants et autres aménagements pour vacanciers. On prend peu à peu conscience que la Turquie des magazines qui vantent des eaux turquoises, les criques désertes... s’approche plutôt par la mer, en bateau. Depuis la terre, les plages de rêve sont difficilement accessibles ou alors trop touristiques. 


A Fethiye, les quelques heures passées dans le quartier des mécaniciens pour la maintenance du camion ont été l'occasion de prendre le pouls du coeur de la ville, à l'écart des quais d'embarquement de touristes pour des croisières sur les grands "Gülets". 



Scène de cuisine à l'écart d'une petite école visitée sur la route des gorges de Saklikent

Les gorges de Saklikent

Rapidement on ressent tous l’envie de trouver autre chose. Après une étape originale dans les gorges de SaKlikent et un bon bain de mer à Patara au pied d’une très grande dune, la route cotière nous mène, après la ville de KAS, dans la Turquie rurale. 



L’étape pour la nuit se fera sur les terres d’un berger, propriétaire et gardien d’un grand troupeau; malgré la barrage de la langue et le peu de dialogue, on se retrouve invités à boire le café autour du feu, dans sa hutte de pierres construite comme un igloo. Nous avons du mal le lendemain à quitter cet endroit qui nous convient très bien à tous.





Kekova est un petit paradis pour la navigation mais "inaccessible" pour nous voyageurs qui ne souhaitons pas nous joindre aux touristes débarqués par cars entiers pour aller visiter la cité engloutie

Les jours suivants un erreur de routage nous fait emprunter une route de montagne sinueuse. Le paysage pourrait rappeler celui des Alpes en été et c’est encore une fois l’occasion de rencontrer les habitants ! 

Récolte de coings en montagne au petit matin...

...on en fera une belle compote!

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Les aventures de Montaine et Titouan en voyage:

«je suis content de mon voyage, j’aime me baigner. J’ai mangé des courgettes du marché et un Kebab, je m’amuse avec Montaine »
Titouan

«dans le voyage j’aime la mer. Mais sinon j’aime tout à part les poivrons!»
Montaine.

Pas très bavards!!! finalement tout cela leur semble très naturel mais ils sont en effet très contents, très à l’aise partout et ont été heureux de retrouver d’autres enfants qui ont la même maison (à quelques bouts de bois près!) et la même vie qu’eux. 
Bien adaptés à la vie à bord, ils initient le contact entre nous et les habitants.
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La côte Sud (d'Antalya à Mersin)


Nous retrouvons l’axe principal du sud en traversant Antalya. Et là, surprise! jusqu’à Alanya, c’est une succession quasi ininterrompue d’hôtels aux dimensions extravagantes, de résidences, de clubs et d’aménagements pour touristes. Tout y est: les cars, les panneaux publicitaires de chaque tour opérator, les faux palais, les faux bazars qui ne sont que des échoppes de souvenirs, le dromadaire sur la plage (le seul que nous ayons croisé jusque là et qui ne doit pas être finalement si typique que cela!), les parasols alignés....oups !!! 


Le calme revient après Alanya et c’est à Bozyazi (le «i» n’a pas de point et se prononce «e») que nous rencontrons notre nouvel ami Veli Bahar. Alors que l’on s’arrêtait juste pour quelques courses, il s’est adressé à nous dans un  français presque parfait et rapidement nous propose de visiter sa serre de bananes (2000 m2!) qu’il entretient en plus de son métier d’instituteur. Ayant habité en France dans son enfance il a fait des études pour enseigner le Français.


Sa serre lui permet de vivre très correctement puisque après 4 années d'amortissement, elle lui rapporte environ 40000 lyra par an (16000€ environ), alors que le salaire annuel moyen turc est inférieur à 10000 lyra. 

Veli nous conduit vers une petite crique, la famille escargot Ludon nous a rejoint et finalement nous resterons 5 jours tous ensemble. 



Grâce à sa générosité et au temps qu’il nous consacre, le linge est lavé, les couvertures pour le froid sont trouvées, le problème de l’acheminement des colis du CNED est réglé et le tout avec le sourire! entre temps, il nous emmène pêcher et partage avec nous le mouton tué le matin pour l’occasion d’une grande fête traditionnelle qui durera 3 jours pendant la période fériée.


La Cappadoce

La Cappadoce... Quelle chance nous avons de découvrir cette fabuleuse région par nos propres moyens, en dehors des sentiers battus et en automne où les lumières rasantes sont intenses. La saison touristique étant terminée, nous avons aussi le privilège de découvrir seuls quelques sites et nous nous offrons le luxe d'éviter les sites incontournables les plus visités (Göreme). 

Comblés jusqu'à lors par l'accueil des turcs, en Cappadoce, nous sommes émus par l'immensité et le caractère souvent surréaliste du décor naturel façonné par l'érosion. 

Quel bonheur aussi de vivre ces sensations fortes avec nos amis Ludon avec qui nous passons des heures à partager nos expériences de vies, à philosopher sur "l'Ame du Monde", mais aussi à disserter sur nos vocalises et aventures intestinales!! 





Ces 4 photos ont été prises le lendemain matin 
d'une nuit très agitée dans le petit village de Gûzelyurt 
(tempête à l'extérieur et dans les intestins d'Anouk!)


La vallée de Soganli

Après la route côtière, les grands espaces...

 Surprise et moment de pure féérie lorsque nous sommes réveillés par le souffle de la première mongolfière d'une grande série.

 Jules Vernes... un grand visionnaire...

... qui fait rêver tous les enfants!




 En espérant que ces quelques photos permettront de partager un peu la puissance du décor !

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Quelle joie aussi pour moi de voir tous ces visages s'éclairer de larges sourires sur notre passage. La Cabane En Cavale s'entend dire "çok güzel" (trop beau) à chaque virage! Impossible de passer inaperçu! Il faut dire aussi que sous son apparence de top modèle de la route, elle s'avère très résistante au long cours et nous offre un grand confort de vie. Imaginez le bonheur de se réveiller en pleine nature sous le givre après avoir passé une bonne nuit au chaud tous les cinq sous nos grosses couvertures, dans notre nid tout en bois qui nous procure rapidement, en faisant chauffer le thé, une chaleur douce et confortable. 


Dans de telles conditions de confort, de liberté et de sécurité (bien plus que chez nous!) et après un bon petit déjeuner, les enfants sont bien disponibles et entrain pour se mettre au travail sur la table du carré. Ils progressent à vitesse grand V. Leur imagination et leur créativité dans leur jeu n'a que l'horizon comme limite!
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L'Est de la Turquie

Petit à petit un certain rythme se met en place. En général, je me réveille le premier, met le chauffage en route (au minimum), sors et profite des premières lumières matinales idéales pour la photographie. Dans les villages, j'assiste au regroupement du bétail par les paysans avant leur départ vers les pâturages. 

A mon retour, nous replions le grand lit afin de libérer le carré et la bonne odeur de la préparation du pain perdu finit par faire lever les retardataires! Ensuite, la métamorphose du carré en salle de classe est plus ou moins longue en fonction de notre motivation (car pour l'instant nous n'avons ni les supports ni les échéances des cours du CNED) et des événements extérieurs qui peuvent dans certains cas rapidement balayer toute notre bonne volonté (animaux qui passent, visites, invitations et générosité des habitants). Dans ce laps de temps, il faut assurer de front le rangement de la cabane (et pour 5 personnes dans 10m2 il faut un minimum d'organisation), la vaisselle et la toilette de chacun tout en essayant de contenir l'énergie toute fraîche de la troupe!

Le temps de l'école est un petit bonheur en soi. Une heure ou deux, 
difficile en fait à estimer car nous ne regardons jamais la montre, le soleil nous indiquant l’avancement de la journée.
Les quelques heures de route journalières sont très appréciées par tous. Anouk, sensible au mal de mer, toujours devant avec moi, gère la musique. Stephanie, à l’arrière, profite de ce temps pour finir de ranger, écrire des mails, classer les dernières photos, bouquiner, jouer avec Titouan ou Montaine qui occupent à tour de rôle la troisième place de la cabine avant, quand ils ne s’installent pas d’eux même dans leur couchette pour une sieste.

La pause déjeuner s’effectue en général dans un petit resto rapide au bord de la route ou dans un village proche. 

Le choix de l’emplacement du bivouac du soir est un moment fort de la journée, l’idéal étant de se poser en fin d’après midi avant le coucher du soleil pour profiter du site et de l’accueil des habitants, mais à cette saison, les journées étant assez courtes, il nous arrive de temps en temps, de nous arrêter dans la pénombre sans trop connaître notre environnement et je dois dire que c’est une situation que me stresse pas mal. 

Nous n’avons aucun soucis pour la gestion de l’eau à bord car on en trouve en libre accès dans les très nombreuses stations service.

En ce qui concerne la lessive, la machine à laver du bord (un réservoir d’eau fixé sous le plancher) joue parfaitement son rôle. Après quelques heures de route, nous rinçons le linge qui a été bien brassé au milieu des boules de lavage. Etendu sous le faîtage le soir, il est sec le lendemain matin.  
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Sur la route, dans le village de Yarhisar, non loin de la ville de Sivas:

 A peine nous sommes nous arrêtés le soir que nous sommes invités pour partager le repas accompagné immanquablement de çaî (thé prononcé tchaï)

Qu'importe le barrage de la langue, 
notre ami Richard, infatigable communiquant, 
discute par internet avec notre hôte, chef du village (avec Google Translation): 
grande partie de rigolade assurée!






Un de ces matins où l'école commence forcément par une grande récré!

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2 mois après notre départ et plus de 7000 km parcourus, j'ai la sensation d'être entré désormais dans la vrai dimension du voyage, celle dont je rêvais en le préparant. Toutes les contraintes de mon quotidien se sont petit à petit effacées: le stress lié à la gestion d'une entreprise, les engagements et échéances à respecter, la routine et ... le temps qui passe toujours trop vite dans nos vies actives. 
Nous devons respecter un certain timing par rapport à l'itinéraire prévu, mais avec une telle liberté l'itinérance m'offre un réel repos de l'esprit.

Chaque jour nous réserve son lot de découvertes, d'imprévus, de rencontres chaleureuses et souvent drôles, car pour communiquer, nous devons faire preuve d'imagination pour compléter notre langage germanoanglicoturc. En Turquie, il faut vraiment se poser loin de toute habitation pour passer une soirée uniquement en famille ou entre amis voyageurs. 
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En escale forcée de 5 jours à Erzincan, en attendant le troisième colis du CNED

 Les enfants du village dans lequel nous bivouaquons 48 heures ont vite fait de former une équipe de foot

Nous prenons un peu de distance pendant 2 jours à 15 km d'Erzincan en montant dans les pâturages sous les sommets enneigés, mais nous ne sommes jamais vraiment seuls très longtemps!



Grâce à notre ami Véli qui nous met en relation avec son copain Akan Akdeniz à Erzincan nous parvenons enfin à récupérer nos 3 colis du CNED...les vacances sont terminées!!!
Aussitôt nous filons vers  Erzurum pour une dernière mission avant l'Iran: récupérer des visas. Alors pour être au plus près des événements nous garons notre cabane devant le consulat en plein centre ville. A 15h30 très précisé le lendemain, mission accomplie après encore quelques démarches, nous avons les 5 visas pour 30 jours!!!


Pour nous donner du courage pour la suite du voyage, le destin nous mène pour la nuit dans une station service aux abords de Agri ou nous  rencontrons le boss d'un hôtel de luxe qui nous invite à passer 2 bonnes heures pour profiter de l'espace SPA de l'hôtel juste parce qu'il aime les voyageurs! On en est sorti tout propres!




Le lendemain, après avoir longtemps contemplé le mont Ararat sur notre gauche, nous arrivons à 14 h à la frontière devant le drapeau iranien et les visages des 2 ayatollahs. Mais Iran ou pas, c'est l'heure de manger alors en attendant que ces messieurs se décident à nous faire avancer dans les démarches, on s'offre une bonne plâtrée de pâtes! On ne va quand même pas se laisser impressionner! Après plus de 4 heures de démarches, nous entrons en Iran.